L’algorithme de Tinder est sexiste. C’est ce qu’a révélé Judith Duportail dans son livre L’Amour sous algorithme sorti le 21 mars dernier. Quand on l’a appris - nous n’étions guère surpris - on a eu envie de trouver des alternatives à cette application. Et si sortir et vivre sa vie est certainement le moyen le plus ancien et fiable de rencontrer l’amour, il existe des applis qui veulent sortir leur épingle du jeu aujourd’hui. On a testé cinq concepts différents pour vous aider à arrêter de swiper machinalement et peut-être retrouver petit à petit l’aspect romantique lié à la rencontre… Sans risquer de vous faire catégoriser par un algorithme.

#1 La plus sous-côtée : OkCupid
On en n’entend pas suffisamment parler, pourtant, cette appli est parmi les plus anciennes et surtout, les plus agréables. Elle est très présente aux Etats-Unis et c’est aussi, et surtout, la plus inclusive : c’est en effet la seule appli qui, à l’inscription, propose une liste exhaustive de genres et d’orientations. 

Son point fort : pas besoin de passer par Facebook pour s’y connecter, elle est aussi gratuite pour tous. A l’inscription, on sélectionne d’abord nos critères de genre(s), d’âge ou de localisation, avant de répondre à 15 questions minimum sur nos goûts, mais aussi ceux de l’autre. Elles permettent par la suite d’établir un taux de compatibilité avec des profils. Elles sont très variées. De questions politiques à religieuses mais aussi sur la façon de passer un nouvel an idéal, elles permettent de trouver des personnes avec qui on partage la même manière de vivre, ou au contraire, pas du tout. 
Une fois ces critères remplis, on est encouragé à compléter notre profil de manière exhaustive, avec ce qu’on aime écouter, lire, voir… Un moyen de mettre en avant la culture et la manière de vivre des utilisateurs plutôt que leur physique. Si l’on peut matcher, on peut aussi et surtout envoyer un message à qui l’on veut, qui sera averti par une petite encoche bleue et sera libre d’y répondre… Ou pas. Et contrairement à Tinder, comme on ne peut pas zapper un profil, on peut toujours changer d’avis, ou se laisser surprendre par quelqu'un. Un moyen, enfin, d’encourager au dialogue directement. 

Les moins : L’appli est en anglais malgré la forte communauté française et le graphisme est un peu passé, mais on oublie vite.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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#2 La plus récente : Feels
Vous ne serez pas étonnés d’apprendre qu'Instagram est devenu un terrain de chasse pour trouver l’amour. Normal, le format est complet et permet de s’imprégner de la personnalité de chacun. C’est sur ce mouvement qu’ont décidé de surfer les deux créateurs de Feels. Lancée mi-avril, l’appli repose sur un concept simple : un profil au même format que les stories Instagram pour mieux se découvrir, sans passer par de longs discours. 

Son point fort : à la création de son profil, on a 6 diapositives photo ou vidéo pour se présenter, auxquels on ajoute 3 indices sur nous sous forme de phrases à compléter. Exemple : "Le samedi soir à 2h du matin, je suis… Au lit".
Chaque jour, on a accès à dix nouveaux profils à découvrir et auxquels on peut réagir pour entrer en contact. Comme on n’est pas étourdi par une avalanche de possibilités, on s’intéresse davantage aux personnes derrière les profils et c’est très positif. Le format est très visuel et le graphisme moderne, ce qui permet une navigation fluide et agréable. L’application est encore toute jeune mais a déjà séduit un millier d’utilisateurs en quelques jours. On n’hésite donc pas à aller y jeter un oeil et à tenter l’expérience. On soutiendra en plus une start-up française.

Le moins : il y a moins de monde que sur Tinder et certainement moins de profils en Province ou dans les petites villes… Mais ce n’est qu’une question de temps !

#3 La plus ergonomique : The Inner Circle
A priori, ce n’est pas forcément un critère de choix dans le monde des applis de rencontres. Mais ça prend tout son sens une fois qu’on a testé The Inner Circle. L’appli, lancée en 2012 n’est pas nouvelle, mais son concept est agréable : on a une vision d’ensemble de tous les profils qui correspondent à nos critères, et tout le monde peut se parler, sans avoir forcément à se matcher. Un moyen de se démarquer avec une approche originale. Le graphisme est épuré et très instinctif, ce qui rend l’expérience vraiment agréable.

Son point fort : on a besoin de Facebook pour s’y inscrire, mais rien n’y sera jamais publié. Une fois sélectionnées les photos que l’on souhaite mettre en avant sur l’application, on choisit de mettre en avant davantage de détails sur nous. Au choix : sa taille, l’endroit où l’on a fait nos études, si l’on fume, nos villes du monde préférées… Ce qui différencie l’appli des autres, c’est que plusieurs évènements sont organisés par l’appli. Celle-ci pousse également les utilisateurs à organiser des sorties puisqu’il existe un encart où l’on peut proposer une ou plusieurs activités. Libre à chacun d’y répondre. 
Si l’on peut matcher, comme sur Tinder, pour gagner en visibilité, on a surtout accès à tous les comptes qui ont consulté notre profil. Ce qui satisfait grandement l’égo mais peut être aussi radical si on reluque le profil de la même personne cinq fois d’affilée. Et si l’on est intéressé, on peut envoyer un clin d’oeil, le "poke" de l’appli. La discussion peut se lancer sans tous ces artifices. La fenêtre de chat est d’ailleurs agréable et plutôt bien pensée. Contrairement à Tinder, la volonté de l’appli est d’encourager à la rencontre, et pas forcément charnelle, aussi intellectuelle. Et, tout comme pour OkCupid, c’est vraiment bien. Enfin, l’appli ne nous cantonne pas à notre lieu de résidence : on peut parler avec des profils du monde entier et, au-delà de trouver l’amour, on peut aussi utiliser cette appli pour pratiquer une langue étrangère et créer des liens au-delà des frontières. 

Le moins : un bug dans la matrice permet à des personnes en dehors de la tranche d’âge que l’on a sélectionné dans nos critères de recherches de nous parler. Bof, on n’a pas forcément envie d’échanger avec Yann Moix


#4 La plus prometteuse : Tomorrow
Tomorrow a été lancée en janvier 2019 par deux entrepreneurs français, Stéphane et Sylvain. Tous les deux lassés de swiper sur des applis de rencontres mainstream, et frustrés par le décalage entre le réel et le virtuel (qui pour les blâmer ?), ils ont décider de créer une plateforme qui incite à la rencontre IRL. C’est dans cette optique qu’est née Tomorrow, et c’est rafraîchissant.

Son point fort :  la plateforme est très simple d’utilisation. Notre profil va droit au but : des photos, une punchline de 80 signes maximum, une description de 500 signes maximum, une zone de rendez-vous et surtout… Ce que l’on recherche (genre et tranche d’âge). Rien de superflu. Une fois notre profil complété, on peut créer des "rendez-vous". Exemple : vous êtes disponible jeudi et avez envie de sortir, vous créez un évènement sur-mesure avec le moment de la journée où vous souhaitez retrouver quelqu’un, dans un "mood" plutôt amical ou charmeur, puis l’endroit où vous aimeriez aller, avec une punchline de 80 signes et vous enregistrez. La veille, soit le mercredi, l’application vous proposera une vingtaine de profils disponibles au même moment. Vous avez alors 24h pour entrer en contact jusqu’à cinq d’entre eux et retrouver la personne qui saura vous convaincre, à l’heure du "rendez-vous".
Pourquoi si peu de temps ? Pour les fondateurs, cela encouragerait à ne pas fantasmer la rencontre et à se laisser surprendre par la vie… On adhère.

Le moins : l’appli est encore à ses débuts, il y a moins de mouvement que sur Tinder, mais ce n’est qu’une question de temps… A vos rendez-vous !


©Tomorrow

#5 La plus musicale : TasteBuds
Cet article est écrit par une journaliste qui a du subir la musique électro de son ex-compagnon pendant mille voyages en voiture. Si ça n’a pas été la raison principale de la rupture, il aurait suffit d’une escapade supplémentaire pour tourner chèvre… D’où l’importance de côtoyer quelqu'un qui a sensiblement les mêmes goûts musicaux. C’est le leitmotiv de l’application TasteBuds qui tente de relier les âmes grâce à la musique.

Son point fort : à l’inscription, on peut synchroniser notre compte à celui de notre appli de musique pour y faire figurer nos morceaux et artistes favoris. Sinon, on les entre manuellement. Cela permet de faire une navigation en musique : aux photos des utilisateurs s’associent des extraits de chansons qu’ils aiment. Un moyen facile de mêler l’ouïe à la vue et de se connecter aux personnes qui aiment la même chose que nous, mais aussi de découvrir de nouvelles pistes. Plus qu’une application de rencontres, TasteBuds permet surtout d’entrer en contact avec des passionné.e.s et de partager des morceaux. C’est d’ailleurs la seule appli où l’on peut briser la glace en partageant une vidéo dans le chat. Et si l’on peut liker des profils et en passer d’autres, tout le monde peut nous écrire et ce n’est pas gênant, au contraire : c’est certainement la seule application de rencontres qui réussit, dans une certaine mesure, à balayer les codes. On n’a pas l’impression d’être un objet sexuel.

Les moins : elle n’est pas forcément instinctive et peut être difficile d’utilisation. Les profils sont parfois très mystérieux et n’incitent pas au dialogue.


Bonus - l’appli à fuir : The League
Sa ligne d’attaque ? Lier les belles gueules aux brillants cerveaux ensemble. Traduction : cette appli est exclusivement destinée à ceux qui ont besoin d’être rassuré sur leur situation physique et professionnelle. Une appli pour pervers.es narcissiques, en somme. A fuir. Surtout qu’elle coûte extrêmement cher.