On le fréquente depuis quelques années avec plus ou moins d’assiduité. Tout dépend, en fait, des copains et des copines dispos pour nous accompagner. Car un festival de films, ça se commente, ça se savoure, ça se décortique à plusieurs, n’est-ce pas ? "Tu l’as vu celui-là ?" "Et ce doc, comment ça, tu l’as raté !!!?" (regard empli de compassion). On en a fait des découvertes, au festival Chéries-chéris. On y a déniché des perles rares, des films indés, des trucs bizarres, expérimentaux qui nous ont chamboulé, enthousiasmé ou soûlé. Quelques images comme ça au hasard : Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart montant sur scène pour défendre le Bye Bye Blondie de Virginie Despentes (pas une réussite, ce film, maintenant qu’on y pense). La combinaison de latex noir du héros de O Fantasma, film fascinant de Joao Pedro Rodrigues. Les larmes de Thérèse Clerc dans le doc Les invisibles de Sébastien Lifshitz. Les interventions drolatiques, avant la projection d’un film de Rémi Lange, de Madame H, créature qui a pris depuis sa retraite à la l’île de La Réunion et qui nous manque beaucoup. Le festival Chéries-chéris, c’est "un moment essentiel de ralliement" qui donne un "écho à toutes nos luttes" nous dit Gregory Tilhac, le programmateur du festival, dans son édito. Et c’est vrai qu’on se sent bien parmi tous ces gens qui aiment le ciné, la créativité, et qui ne sont pas mécontents d’être gays, lesbiennes, bi ou trans (et même hétéros). Après avoir siégé des années au Forum des Images, le festival se déroule désormais dans trois endroits différents dans Paris : le MK2 Beaubourg, le MK2 Quai de Seine, et le MK2 Bibliothèque. Dommage qu’il n’y ait pas un endroit central, mais bon, c’est déjà ça. 

Festival Chéries-Chéris du 16 au 26 novembre à Paris

Erick Grisel