Si la mode se hisse à la deuxième place des industries les plus polluantes au monde, elle n'est pourtant pas incompatible avec le développement durable. Cela nécessite bien évidemment des changements dans nos habitudes de consommation : par exemple, acheter moins mais mieux. Alors pour s'habiller de manière plus éco-responsable, voici la liste des matières à éviter, ou pas : 

#1 Le polyester : 0/10
C'est la matière la plus toxique pour l'environnement. Cette fibre synthétique - à l'instar du nylon, de l'acrylique, ou de l'élasthanne - est produite à partir du pétrole : il faut environ 1,5kg de pétrole pour produire 1kg de polyester. Textile le plus utilisé en raison de son faible coût, il rejette de petites particules de plastique au lavage. Le polyester peut prendre jusqu'à 200 ans pour se décomposer et répand beaucoup de plastique dans les océans
À privilégier : le polyester recyclé. Plus connu sous le nom de rPET, on l'obtient en fondant le plastique existant et en le re-filant en une nouvelle fibre de polyester. Il donne une seconde vie à un matériau qui n’est pas biodégradable et nécessite 59% d'énergie en moins par rapport au polyester vierge. 

#2 Le coton : 2/10
Utilisé principalement dans la fabrication des jeans, le coton fait partie des cultures les plus polluantes au monde : elle utilise un quart des insecticides produits par l'humanité, pour 2,4% de la surface mondiale cultivée. Les pesticides utilisés polluent les nappes phréatiques et intoxiquent les travailleurs. D'après l'OMS, la culture du coton tue 22 000 travailleurs par an. Cette plante est aussi très gourmande en eau : la production d'un tee-shirt nécessite 25 000 litres d'eau. 
À privilégier : le coton biologique. Ainsi, les agriculteurs ont recours à des insecticides naturels et des techniques de lutte biologique : aucune trace de produits toxiques. Cependant, certains labels coton équitable ne possèdent aucun contrôle de traçabilité, des conditions de travail et des substances toxiques utilisées. Il peuvent cacher quelques manoeuvres de greenwashing. 

#3 Le cachemire : 4/10
Cette matière douce que l'on adule provient essentiellement des chèvres de Chine et de Mongolie. Outre les pratiques de castration et d'encornage, il est parfois reproché à ces élevages d' entraîner la désertification des terres. De nombreuses enquêtes de la PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) ont montré l'extrême violence dont sont victimes certains de ces animaux. Cependant, certaines maisons veillent au bon traitement des troupeaux et au respect des éleveurs, tel Saldarini - maison italienne - qui travaille avec l'association des nomades de Mongolie. 
À privilégier : les filières respectueuses des conditions d'élevage des chèvres et de la juste rémunération des bergers. A défaut, préférer du mohair made in France.  

#4 Le lin : 7/10
Le lin fait partie des fibres naturelles qui demandent peu d'engrais et de pesticide. Produit à 80% en Europe, cette matière représente seulement 1% des fibres textiles utilisées dans le monde. De plus, le lin ne produit aucun déchet car tous les sous-produits sont entièrement réutilisés. 

#5 Le chanvre : 9/10
Le chanvre est une matière prisée pour ses fibres pures et naturelles. Facile à cultiver, cette matière nécessite peu d'eau et d'engrais. En plus d'être écologique, cette matière est aussi antistatique, c'est-à-dire qu'elle repousse davantage la saleté et les bactéries que les autres fibres. Au final, plus on porte un vêtement en chanvre, plus il est confortable. 

#6 Le Tencel® : 10/10
Devenu incontournable chez les professionnels de la santé et de l’esthétique pour son côté anti-bactérien et antiallergique, le Tencel® est une véritable révolution dans l’univers des fibres naturelles. Réputée pour être douce comme de la soie, cette matière est développée dans des plantations gérées durablement. La création de Tencel® permettrait par exemple d’économiser environ 90% d’eau par rapport au coton. 100% biodégradable, le Tencel® a obtenu l'Ecolabel Européen, le seul label écologique européen officiel. Il vise à "promouvoir la conception, la production, la commercialisation et l’utilisation de produits ayant une incidence moindre sur l’environnement pendant tout leur cycle de vie" et à "mieux informer les consommateurs des incidences qu’ont les produits sur l’environnement, sans pour autant compromettre la sécurité du produit ou des travailleurs, ou influer de manière significative sur les qualités qui rendent le produit propre à l’utilisation".
De plus en plus de marques comme Guess, Patagonia, ou Fjällräven en utilisent.